[ Tom ]
[ Bill ]
Une pluie glacée fouettait le visage de Bill, ses cheveux noirs bouclaient tout autour de son visage et collaient à ses tempes. Le costume noir qu'il portait le serrait et était tout imbibé d'eau. Il trouvait cette position particulièrement désagréable. Mais par-dessus tout il ne supportait plus la vue du cercueil de sa cousine Margaux qui descendait dans un trou noir, il ne supportait plus la vue des deux petits qui pleurait au premier rang, il ne supportait plus le visage sombre des gens qui l'entourait et qui avait tous un mouchoir à la main.
Il aurait aimé ce trouvé à des milliers de kilomètres d'ici, partout mais ailleurs qu'ici.
Le cercueil toucha le fond bruyamment. Bill laissa échapper un sanglot qui l'étouffait depuis de longues minutes.
Tom tomba violement a genoux, les épines de la rose rouge qu'il serrait dans sa main s'était profondément enfoncé dans sa paume, et quand il laissa tomber cette dernière sur la tombe de sa femme, il se mit a saigné. Maudissant chaque larmes qui tombait a terre il se releva. Marie, sa fille, caressait nerveusement les cheveux de Mathis qui pleurait à chaudes larmes. Tom essuya ses larmes et pris ses enfants par les épaules. Il les entraîna un peu plus loin. Et un cortège de gens passa devant la tombe de sa femme avant d'aller leur présenter de « sincères condoléances ». Tom, à ce moment, haïssait tout ces gens, le pire étant sûrement ceux qui prétendaient comprendre alors qu'il tenait leur femme par le bras. Il leur aurait bien demandé poliment d'aller tous se faire foutre ailleurs. Mais il se contentait de les remercier en baissant la tête sur ses deux enfants qui pleurait dans ses bras.
Les parents de sa femme arrivèrent, la femme tremblante n'alignait plus deux mots. Le mari serra la main de Tom en le regardant dans les yeux avec toute la souffrance d'un père qui vient de perdre sa fille. Tom leur abandonna les enfants pour retourner sur la tombe de sa femme.
Il s'y dirigea lentement. Ses chaussures vernies s'enfonçaient dans la boue du cimetière. Un goût amer avait rempli sa bouche, et ses yeux s'étaient remplis de larme.
Debout a côtés de la tombe se tenait quelqu'un, à vue d'½il et dans le brouillard de ses larmes Tom n'aurait su dire si c'était un homme où une femme. La personne tenait un bouquet d'immortel dans ses mains, et elle pleurait. Pas des sanglots bruyant, non, juste des larmes noires qui coulait sur ses joues blanches.
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Bill regardait par la fenêtre du restaurant japonais où Tom et lui était en train de manger. Il s'était débattu pendant de longues minutes avec ses baguettes avant de se décider à prendre une fourchette. Tom et lui avait beaucoup parlé, parlé de Margaux essentiellement, et de l'avenir, aussi. Il avait fini par avouer à Tom qu'il avait des problèmes à trouver un endroit ou dormir pendant les quelques jours qu'il souhaitait passer ici.
« Tom : tu pourrais venir t'installer quelques jours chez nous si tu le souhaites.
Bill : ce serait avait plaisir. »
Bill mis quelques instants a réaliser qu'il allait vivre dans la maison du veuf de sa cousine. Il avait répondu sans réfléchir, comme à son habitude. Pourtant il sentait que les conséquences de ce « oui » allaient le dépasser. Depuis le début du repas le pied de Tom se balançait dans le vide sous la table, et il lui arrivait de frôler la jambe de Bill. Se contact, si minime soit il troublait Bill, au point qu'il avait quelques fois était obligé de cacher sa tête dans son assiette de sushi pour que Tom ne remarque pas qu'il rougissait.
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Bill était allongé sur les draps blancs de la chambre d'ami de la maison. Il regardait le plafond en se concentrant sur les paroles de la chanson qu'il écoutait. Il ne voulait pas penser. Il était 3h47 du matin et il n'arrivait pas à dormir.
Des pas dans le couloir, sûrement Tom qui descendait au rez-de-chaussée pour regarder la télé. Bill hésita à descendre pour lui tenir compagnie. Il ne le fit pas. Il se retourna dans son lit et monta le son de son I-pod. Ne surtout pas penser.
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La journée avait commencé normalement pour Tom, il s'était réveillé sur le canapé, la télé était encore allumée. Comme chaque nuit depuis l'accident de sa femme, il avait mal dormit. Il avait éteint le poste, et, les yeux rouges, il s'était dirigé vers la cuisine pour préparer un petit déjeuner a ses enfants. Faire comme si tout était normal.
Pourtant quelque chose n'était pas comme d'habitude ce matin, parce qu'une odeur de café régnait dans le salon, une odeur de petit déjeuné, avec ses croissant et son pain chaud. Et quand il était entré dans la cuisine, il y avait quelqu'un.
Bill qui avait Tom arriver c'était retourné pour l'accueillir. Lui aussi avait les yeux rouge et cerné, il n'avait pas dormit 2h dans la nuit. Les deux hommes s'assirent face à face à la table. La déception de Tom avait fait place a une joie nouvelle, de pouvoir partager se moment de la journée avec quelqu'un.
Ce matin là, Tom ne se contenta pas d'attraper des habits au hasard dans son placard, il attacha ses dreadlocks avec soin, et passa plusieurs minutes devant son miroir.
Dans la chambre voisine, Bill avait étalé son maquillage sur le lit, et avait mis son fer à lisser à chauffer.
Une heure plus tard, Ils étaient tous entassés dans la voiture de Tom. Marie et Mathis furent les premiers à descendre. Leur père les accompagna jusqu'au portail de l'école primaire et du collège, il les embrassa, et les regarda s'en aller avec cette peur dans les yeux de les perdre aussi. Puis il conduisit Bill en centre ville. Quand il le déposa, il resta garé pour le regarder disparaître dans la foule.
A son travail, ses collègues le laissaient passer avec des mines sombres. Et il eu encore le droit à la rengaine des condoléances. Le directeur vint même le voir. Mais il arrivait parfois a Tom d'oublier pourquoi il était triste, jusqu'à ce que la réalité le rattrape.
A midi, alors qu'il descendait s'acheter un sandwich, il tomba sur Bill.
Bill l'attendait ici depuis dix longues minutes, il avait froid. Mais un sourire de Tom suffisait amplement à remercier cet effort. Bill était conscient qu'il ne devait rien se passer entre lui et Tom, mais cela ne l'empêchait pas de vouloir profiter au maximum de sa présence.
« Bill : on mange ensemble ? »
Bill tenait dans sa main droite un sac d'où se dégageait une agréable odeur de panini. Tom se rendit compte qu'il avait faim, et remercia intérieurement Bill de toutes ses attentions a son égard.
« Tom : ce sera avec plaisir. »
Ils s'abritèrent sous un abri bus. Bill qui avait fini son panini avant Tom, tortillait une poignée du sac.
« Bill : tu travailles cet après midi ?
Tom : oui »
Devant la moue de Bill, Tom se senti fondre.
« Tom : pourquoi ?
Bill : je m'étais dit qu'on pourrait peut être passé l'après midi ensemble. »
Il n'en fallut pas plus pour que Bill appelle son patron pour prendre son après midi. Bill emmena Tom dans la ville, il le fit rentré dans des magasins ou il n'était jamais rentré. Parfois leurs mains se frôlaient et Tom s'en trouvait troublé sans comprendre.
Et pour le premier après midi depuis la mort de sa femme, Tom oublia d'être triste. Pour la première fois, il ri a nouveau, quand Bill sorti de la cabine d'essayage en traînant derrière lui un baggy dans lequel on aurait pu mettre trois Bill tellement il était large. Quand Bill entendit ce rire, il su qu'il n'entendrait jamais plus rien de semblable.By Angie.